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Radio Pictorial Page 2   

L'hebdomadaire / The weekly "Radio Pictorial"



19.01.1934 - 10.06.1938

Aperçu des programmes anglais de Radio Normandie
en feuilletant les pages de "Radio Pictorial"

Overview of English programs of Radio Normandie by browsing the pages of "Radio Pictorial"
 
Parution du 1er numéro le 19 janvier 1934 au dernier numéro le 8 septembre 1939
Publication from the first issue on January 19, 1934 to the last issue on September 8, 1939

   D'autres exemplaires de RADIO PICTORIAL sont consultables ici - Other copies of RADIO PICTORIAL can be viewed here  :
                                                                                          >     
https://worldradiohistory.com/Radio_Pictorial.htm

L'IBC (l'International Broadcasting Company) décide de sortir son propre magazine "Radio Pictorial" en réponse à l'interdiction faite aux journaux par le gouvernement anglais, de publier les grilles de programmes des stations commerciales étrangères, sous la pression de la BBC qui tente de protéger son monopole de la concurrence des radios européennes. Le premier numéro de "Radio Pictorial" paraît le 19 janvier 1934. Ce journal présenté comme un magazine populaire publie les programmes de la semaine à venir de Radio Normandie et des stations IBC affiliées entendues la nuit sur la totalité du cadran : Poste Parisien, Lyon, Toulouse, Juan-Les-Pins, Madrid, Valencia, San Sebastian, Ljubljana, Rome ou Athlone en Irlande. A partir de cet instant, la plupart des annonceurs achètent de l’espace aussi bien dans le journal que sur les ondes. Par exemple, le quotidien "Horlicks Time Hour" possède une émission en semaine sur Radio Luxembourg et le dimanche sur Radio Normandy de 16h à 17h. Avec l'entrée en guerre et la disparition des programmes dont il faisait la promotion, le "Radio Pictorial" cesse de paraître. La dernière édition est datée du 8 sept 1939, le jour même de la dernière émission de Louvetot.

Commentaire :
à l'instar de l'hebdo britannique "Radio Pictorial", il est regrettable qu'aucun magazine français n'ait fourni autant d'informations sur les animateurs et le contenu des programmes de Radio Normandie. Les journaux français "L'Antenne", "La Parole libre TSF" ou "Radio Magazine" s'intéressaient de préférence aux stations parisiennes et davantage au côté technique des récepteurs.
(Ndw)

Le premier numéro du  "RADIO PICTORIAL"  -  The first issue of the "RADIO PICTORIAL"
 


cliquez pour ouvrir
  -  Click on the first magazine to open it. (pdf)

The IBC (International Broadcasting Company) decided to launch its own magazine, "Radio Pictorial", in response to the British government's ban on newspapers publishing program listings for foreign commercial stations. This ban was imposed under pressure from the BBC, which was trying to protect its monopoly from competition from European radio stations. The first issue of "Radio Pictorial" appeared on January 19, 1934. Presented as a popular magazine, this publication listed the upcoming week's programs for Radio Normandy and affiliated IBC stations broadcasting across the night: Poste Parisien, Lyon, Toulouse, Juan-les-Pins, Madrid, Valencia, San Sebastian, Ljubljana, Rome, and Athlone in Ireland. From that point on, most advertisers bought space both in the magazine and on the airwaves. For example, the daily newspaper "Horlicks Time Hour" had a weekday program on Radio Luxembourg and a Sunday program on Radio Normandy from 4:00 to 5:00 PM. With the outbreak of war and the disappearance of the programs it promoted, "Radio Pictorial" ceased publication. The last edition is dated September 8, 1939, the very day of Louvetot's last broadcast.

Comment:
Like the British weekly "Radio Pictorial," it is regrettable that no French magazine provided as much information about the presenters and program content of Radio Normandie. The French newspapers "L'Antenne," "La Parole libre TSF," and "Radio Magazine" were more interested in Parisian stations and the technical aspects of the receivers.
(Ndw)



HUMOUR
(extrait du premier numéro du Pictorial) :  le matraquage musical à la radio !
  
             HUMOR
(excerpt from the first issue of Pictorial)
: the relentless barrage of music on the radio !
 

Londres Régional...
Le disque suivant sera :

 
“Qui a peur du
Grand
Méchant Loup”

Midland Régional...
Mlle Phyllis Sobbins
va chanter maintenant :
 
“Qui a peur du
Grand
Méchant Loup”

Radio Paris...
Veuillez écouter :
 

“Who’s afrraid
of ze
beeg bad voolf”

IBC parle depuis Fécamp. Notre prochain disque est une dédicace :
“Qui a peur du Grand
Méchant Loup ?”

“Qui a peur
du Grand Méchant
Loup ?”

Dessins - drawings : Arthur Ferrier
La chanson -
The Song  >      https://www.youtube.com/watch?v=XIOSOlqMaj8&ab_channel=RReady555



Sélection des "RADIO PICTORIAL" contenant au moins un article sur Radio Normandie

Selection of "RADIO PICTORIAL" issues containing at least one article on Radio Normandie





Radio Pictorial (20 juillet 1934)


                        Margaret Rawlings

click to open the magazine



Le Radio Pictorial du 20 juillet 1934 avec en couverture,

la photo de Margaret Rawlings, actrice britannique.
 
De plus, cette semaine, page 8 et 9, l'hebdomadaire nous offre ci-dessous

une visite personnelle des studios de Fécamp



The Radio Pictorial of July 20, 1934 with the photo of Margaret Rawlings, British actress.

In addition this week, page 8 and 9, the weekly offers us

a personal visit to the Fécamp studios, below :

 




click to enlarge


traduction

  Double page - recomposée en français >>>  cliquer  ici 

 

 



Radio Pictorial (31 août 1934)

                       Anna May Wong
cliquez sur le magazine

La une représente une carte avec tous les émetteurs affiliés à l'IBC
 



La Une de Radio Pictorial le 31.08.1934 présente l'actrice sino-américaine Anna May Wong,
très célèbre à l'époque, au milieu de la carte indiquant l'emplacement des émetteurs continentaux affiliés à l'IBC, Fécamp, Luxembourg, Radio Paris, San Sebastian, Madrid.


The cover of Radio Pictorial on 31.08.1934 shows the Chinese-American actress Anna May Wong, very famous at that time, in the middle of the map indicating the location of the continental transmitters affiliated with the IBC, Fécamp, Luxembourg, Radio Paris, San Sebastian, Madrid.

                                                                                                                           Anna May Wong


Dans le même magazine :
Un speaker populaire que vous entendez à Radio Fécamp :
A popular speaker you hear on Radio Fécamp

 Peter Hope

                                                                     

"Vous entendez fréquemment à l'antenne la voix de Peter Hope, qui est depuis peu le speaker de Radio Fécamp

Aujourd'hui, il y a probablement un certain nombre de garçons qui aimeraient devenir speakers à la radio.

Le métier d'annonceur est une nouvelle profession. Ceux qui sont nés vers 1912 n'ont pas passé leur scolarité à rêver du micro. Peter Hope, par exemple, avait des ambitions et se concentrait sur la préparation d'un diplôme d'ingénieur électricien.

Il était à l'école de l'Oratoire avec Bernard (Benjy) Mac Nabb. Il a ensuite fréquenté le lycée français de Pau, dans les Pyrénées et ensuite un monastère allemand à Engleberg, en Suisse.

De retour en Angleterre, il étudie l'ingénierie électrique à la City and Guild à l'université de Londres où il a obtenu son diplôme de B.Sc.
Il est également associé de
 l'institut City and Guilds."

 

 



Wireless Magazine (Novembre 1934)

Une page promotionnelle pour "Radio Pictorial"

Comme la BBC dans ses premières années, l'IBC (International Broadcasting Company) rencontre beaucoup de suspicion et d’hostilité de la part de la presse britannique. La Newspaper Proprietors Association considère les stations "étrangères" émettant en anglais comme une menace pour ses propres revenus publicitaires et refuse de les faire connaître et de publier leurs programmes.

Une exception à cette interdiction est le Sunday Referee, un journal sportif très apprécié qui est devenu le journal familial du dimanche. Valentine Smith dirige le journal. Il a été le directeur de la circulation et de la publicité du Daily Mail.
Le journal a diffusé plusieurs émissions sur les chaînes européennes et présentait régulièrement des détails de ses programmes dans ses pages. Rien que pour cette raison, il avait triplé ses ventes.



L’Association des propriétaires de journaux a refusé au Sunday Referee l’accès à ses infrastructures de transport et de distribution. La distribution à l’échelle nationale est une entreprise trop importante pour qu’un seul journal puisse s’y lancer sans aide et il a finalement été forcé de se retirer complètement de la partie radio.

Comme les stations de l'IBC ne peuvent faire publier leurs programmes dans les journaux, elles ont lancé leur propre magazine. Radio Pictorial en 1934.


Cette publication est beaucoup moins formelle que le Radio Times, son équivalent étouffant de la BBC. Radio Pictorial contient des images de personnalités de la radio et des articles de potins sur les programmes. C’est l’équivalent des années 30 des magazines de showbiz d’aujourd’hui.

Peut-être que les tactiques agressives de l’Association des propriétaires de journaux envers l'IBC et ses partisans ont été encouragées à l'échelon supérieur. En effet, le gouvernement britannique est ouvertement hostile aux stations continentales. Il encourage la BBC à boycotter tout artiste ou présentateur qui ont travaillé sur une station continentale. Il semble que le gouvernement tient à supprimer tout moyen de communication de masse sur lequel il n’a aucun contrôle. En 1936, un comité examinant tous les aspects de la radio déclare que la radiodiffusion commerciale étrangère doit être boycottée et découragée par tous les moyens disponibles.

Extrait de "Radio Broadcasting - A History of the Airwaves" by Gordon Bathgate · 2020

Like the BBC in its early years, the IBC (International Broadcasting Company) encountered a lot of suspicion and hostility from the British press. The Newspaper Proprietors Association considers "foreign" stations broadcasting in English a threat to its own advertising revenues and refuses to publicize them and publish their programs.



An exception to this ban is the Sunday Referee, a popular sports newspaper which has become the family's Sunday newspaper. Valentine Smith runs the newspaper. He was the circulation and advertising director of the Daily Mail. The newspaper broadcast several programs on European channels and regularly presented details of its programs in its pages. For this reason alone, he had tripled his sales.

The Newspaper Owners Association denied the Sunday Referee access to its transport and distribution infrastructure. National distribution is too big a business for a single newspaper to undertake without help and it was eventually forced to get out of the radio business altogether.

As IBC stations cannot get their programs published in newspapers, they have launched their own magazine. Radio Pictorial in 1934.

This publication is much less formal than the Radio Times, its stuffy BBC equivalent. Radio Pictorial contains images of radio personalities and gossip articles about the programs. It’s the 1930s equivalent of today’s showbiz magazines.

Perhaps the Newspaper Owners Association's aggressive tactics towards the IBC and its supporters were encouraged at the top. Indeed, the British government is openly hostile to continental stations. He encourages the BBC to boycott any artist or presenter who has worked on a continental station. It seems that the government is keen to suppress any means of mass communication over which it has no control. In 1936, a committee examining all aspects of radio declared that foreign commercial broadcasting should be boycotted and discouraged by all means available.


Excerpt from "Radio Broadcasting - A History of the Airwaves" by Gordon Bathgate · 2020

 


 

              INTERNATIONAL  BROADCASTING  CLUB

RADIO PICTORIAL NOTICE  (1935) :
Listeners to English programmes from the Continent may like to join the International Broadcasting Club, which has been formed with the object of bringing into closer relationship all listeners to. I.B.C. transmissions. There is no entrance fee, no subscription, and no liability. If you would like to join, write to the President, International Broadcasting Club, II, Hallam Street, Portland Place, London, W1, enclosing a 1/2d. stamp.

                          

AVIS DU RADIO PICTORIAL (1935) :
Les auditeurs des programmes anglophones du Continent aimeront peut-être rejoindre l'International Broadcasting Club qui a été formé dans le but de rapprocher tous les auditeurs des émissions de l'I.B.C. Il n'y a pas de frais d'entrée, pas d'abonnement et pas de responsabilité. Si vous souhaitez adhérer, écrivez au Président, International Broadcasting Club, II Hallam Street, Portland Place, Londres, W1, en joignant un timbre de 1/2d.  
(= 0,49 €)

 

 



Radio Pictorial (23 novembre 1934)


          
   Les Allen
cliquez sur le magazine



La traduction française suit l'article de Radio Pictorial


My Happy JOB

STEPHEN WILLIAMS, the Chief English Announcer at Radio Luxembourg, Europe's greatest radio station,
continues hisfirst-hand story of lively happenings behind the scenes at three European stations








Traduction française :


23 novembre 1934

STEPHEN WILLIAMS : mon travail, une source de bonheur

Stephen poursuit son récit sur les coulisses animées
de trois stations européennes : Radio Normandie, Radio Paris et Radio Luxembourg


(Radio Normandy de février à juin 1932 puis rejoint Radio Paris et Radio Luxembourg en décembre 1933)

 

E n’étais pas à Radio Normandie depuis longtemps que j’ai senti qu’il fallait trouver un moyen de rassembler la multitude de personnes qui partageaient un intérêt commun pour les émissions gaies et enjouées qui faisaient rapidement la renommée de cette petite station. C'est d'une petite association d'auditeurs français que m'est venue l'idée, et j'ai écrit à mon ami Valentine Smith (directeur du journal sportif The Referee) pour lui suggérer qu'il serait peut-être possible de créer un club d'auditeurs. Valentine a soumis l'idée à l'I.B.C. et l'International Broadcasting Club a vu le jour. C'est aujourd'hui sans doute le plus grand club au monde, dont le nombre de membres augmente chaque jour.
C'était une époque formidable à Fécamp. Nos auditeurs étaient si sympathiques et encourageants que nous avions toujours l'impression de parler et de divertir des amis personnels, et certaines des milliers de lettres qui affluaient en Normandie comptent parmi mes biens les plus précieux. Il n’y avait pas que des lettres non plus ; j’utilise encore un rasoir de sécurité
(1) qu’une de mes auditrices a eu la gentillesse de m’envoyer.
 (1) Un "rasoir de sécurité" est muni d'une seule lame, ce qui minimise le risque de coupures et d'irritations par rapport aux rasoirs à lames multiples.

En avril 1932, nous avons lancé "L’Heure des enfants" sur Radio Normandie. Cette émission était diffusée le dimanche en fin d’après-midi. Nous voulions attirer un public jeune, et il ne semblait pas y avoir de meilleur moyen que d’imiter la BBC avec ses vœux d’anniversaire. La première fois que "Many Happy Returns" a été diffusé depuis Fécamp, je crains que les noms de mes neveux et nièces à la radio aient été purement fictifs, mais ils ont fait l’affaire. Comme on pouvait s’y attendre, dès le mardi ou mercredi suivant, de véritables demandes de vœux d’anniversaire ont commencé à arriver.
La première semaine, il y en eut six, et leur nombre augmenta régulièrement jusqu’au jour heureux où Rosamund Ann (la fille de quatre ans de Max Staniforth) fit une remarque innocente et enfantine à son père. Il ne faisait aucun doute que cela avait « fait mouche », et cela nous donna une idée. Avec un peu d’aide parentale sous forme de chuchotements, Rosamund a été persuadée de dire "Joyeux anniversaire" à l’un des enfants fêtés. Le succès fut aussi énorme qu’instantané.

Face au micro de Radio-Normandy, Max Staniforth. Max occupe une place importante dans ce récit de S. H. C. Williams, et est devenu très populaire auprès des auditeurs.

< Rosamund-Ann Staniforth (4 ans)

La semaine suivante, nous avons été submergés de lettres de parents attentionnés demandant à Rosamund Ann de souhaiter un "joyeux anniversaire" à leurs propres enfants. Il fut décidé d’accéder à ces demandes, et Rosamund devint une véritable institution dont la capacité à attirer le courrier des "fans" semblait inépuisable. Le nombre d’anniversaires, qui n’était au départ que de six, passa à plus d’une centaine, puis à deux cents, puis à trois cents ; et ce n’étaient pas seulement les enfants qui voulaient être accueillis par Rosamund mais aussi par des centenaires, des nonagénaires et des octogénaires.
À cette époque, les programmes vraiment brillants que Max Staniforth avait mis au point avaient encore augmenté le nombre de nos auditeurs ; nos "concerts sponsorisés" se multipliaient également. La radiodiffusion prenait de l’importance.
NB : Les "concerts" à Fécamp sont les programmes effectués à base de disques gramophones (78 tours)

Il y avait un client, "X", dont les annonces plutôt longues avaient tendance à nous ennuyer. Un soir, j’eus une idée pour les rendre plus vivantes, que nous décidâmes de mettre en œuvre. Il fut convenu que je changerais de voix et présenterais cette émission en me faisant passer pour quelqu’un d’autre.
Max m'a présenté au micro en ces termes : « Un gentilhomme qui a fait un très long voyage pour vous parler des atouts de "X". Il souhaite rester anonyme et m'a demandé de le présenter sous le nom de M. "X". C'était mon signal. Je me suis tourné vers Max et lui ai murmuré d'une voix un peu enrouée : "Est-ce que je commence maintenant ?" Quand il a répondu par l’affirmative, j’ai commencé par ces sons que l’on associe généralement aux messieurs âgés et plutôt apoplectiques qui, si l’on en croit la fiction, sont responsables de l’administration municipale de certains de nos arrondissements.
Au milieu de ma deuxième page, j’ai failli avaler la pièce de monnaie que j’avais placée sur ma langue pour faciliter le changement de voix.
Cet incident m'a provoqué un véritable étouffement, et j'ai dû m'aider à me remettre en buvant quelques gorgées bruyantes d'un verre d'eau.
Mais tout cela ajoutait une touche de couleur locale, et j’ai terminé mon discours dans le plus pur style d’un novice en me tournant vers Max dès que j’eus lu mon dernier mot et en lui demandant : "ça allait ?"
Eh bien, cela nous a amusés, et le client ne s’en est pas formalisé ; mais nous avons été très déçus le jour où le contrat pour "X " a pris fin.
Puis il y a eu cette fois où Valentine Smith est venu pour diffuser un concert
(proposer une émission).
Nous avons effectué de longues répétitions à l’entière satisfaction de M. Smith, puis il est parti se restaurer avec un bon dîner avant l’épreuve du « direct ». L’heure de son retour au studio est passée, et j’ai commencé à m’inquiéter un peu qu’il soit en retard.
Puis le téléphone a sonné, et la voix affolée de V. S. m’est parvenue au bout du fil. Il s’était retrouvé enfermé dans son hôtel ; il ne trouvait ni interrupteur pour la lumière ni sonnette ; apparemment, tout le personnel de l’hôtel était allé se coucher, et dans l’obscurité totale, il avait réussi à localiser le téléphone et à appeler le studio. Je n’avais d’autre choix que de me rendre moi-même à l’hôtel, de sonner à la porte d’entrée, de réveiller tout le monde et de libérer M. Smith.
Nous sommes revenus au studio un peu essoufflés, avec seulement quelques secondes d'avance avant le début du concert de V. S. Son émission a remporté un immense succès, mais je suis certain qu'aucun des auditeurs ne savait à quel point elle avait failli être annulée parce que l'acteur principal était enfermé dans son hôtel.
Une autre fois, nous retransmettions un concert depuis une autre ville. Vers la fin du programme, nous avons été surpris d’entendre, à travers la musique, un bruit qui ressemblait à quelqu’un qui ronflait.
Nous avons téléphoné au central, mais n’avons obtenu aucune réponse. Quelqu’un s’est rendu en voiture au central téléphonique, mais toujours aucune réponse malgré des sonneries répétées. Le bruit de ronflement persistait, et ce n’est que près d’une heure après la fin de la retransmission que nous avons pu joindre le central. Il s’est avéré que l’unique opérateur, se sentant plutôt fatigué et n’ayant pas grand-chose à faire, avait branché son casque et son micro sur les lignes transmettant notre concert. La musique était si apaisante qu’il s’était endormi pendant que le monde écoutait la musique faite avec son nez.
À l’automne 1932, un grand rassemblement international eut lieu à Fécamp. Les débats furent retransmis. Je me souviens d’un Anglais dont le discours en français avait manifestement été rédigé pour lui. Il avait beaucoup de mal avec la prononciation, et fit littéralement rire toute l’assemblée en annonçant de manière théâtrale que des rassemblements tels que celui auquel il avait l’honneur d’assister contribuaient grandement à renforcer les “lits” qui avaient toujours uni la France et l’Angleterre.
Ce qu’il voulait dire, c’était les “liens”, mais il s’était emmêlé avec le mot et l’avait mal prononcé.
Radio Normandy était, et est toujours à ma connaissance, très étroitement liée à la famille qui possède la seule et unique usine de Bénédictine au monde, et c’était toujours un tel plaisir, à l’époque, d’entrer dans le studio pour l’émission de minuit et d’y trouver du café chaud et de la Bénédictine qui nous attendaient.

À la fin de l’automne 1932 survint la rupture. Max Staniforth est parti pour Toulouse. Ce fut un jour triste. Cela signifiait le premier changement majeur dans l’histoire de la station, du moins pour les auditeurs britanniques. Tout le monde avait l’impression de connaître Max intimement, et de nombreuses lettres exprimant le regret de son départ arrivèrent à Fécamp. Après tout, il était là depuis le tout début, à l’époque où les retransmissions britanniques ne consistaient en rien de plus qu’une trentaine de disques, joués des deux côtés puis recommencés depuis le début. Il n’est guère étonnant qu’il nous ait manqué. Quelques jours plus tard, Tom Ronald est venu de Paris pour me rejoindre à Fécamp, et ensemble, nous avons continué pendant un certain temps.
Puis, en décembre, l’appel de la Gay City m’est parvenu et, avec des sentiments plutôt mitigés, j’ai quitté Radio Normandie pour Radio Paris, tandis que Tom restait à Fécamp.
À Paris, j’ai pris la relève de Clayton Hutton pour le concert, parmi d’autres, auquel mon nom s’est associé, "The Film Fans’ Hour", parrainé par la Gaumont - British Picture Corporation. La plupart des concerts diffusés par Radio Paris étaient donnés avec des artistes « en direct ».
Les concerts enregistrés sur disque étaient rares. Les artistes en chair et en os impliquaient une quantité immense de travail. Il fallait d’abord les trouver, ce qui signifiait arpenter Paris à la recherche de "talents" dans toutes sortes d’endroits insolites ; c’était un aspect très intéressant de ce métier. Une fois trouvés, ils devaient répéter plusieurs fois avant leur « répétition générale » avec l’orchestre. Ensuite, il y avait l’orchestre lui-même qui devait lui aussi répéter. Nous étions toujours déterminés à offrir à nos auditeurs autant de variété que possible, et cela impliquait naturellement l’inclusion d’une grande quantité de musique nouvelle.
Quelle différence par rapport à Fécamp ! Là-bas, les partitions des artistes étaient rangées dans de petites enveloppes en papier sur des rangées d’étagères, et on savait toujours exactement combien de temps chaque représentation allait durer.
À Paris, je passais des heures et des heures avec un chronomètre aux répétitions, à demander aux chefs d’orchestre de couper une mesure ou deux ici ou de faire une reprise là, en adaptant les chansons et les autres passages à l’orchestre de telle sorte que le spectacle final s'adapte parfaitement au temps dont on disposait.
Mais c'était un travail fascinant ; tous les chefs d'orchestre et les musiciens étaient si faciles à vivre. Il y avait Lucien Goldy, le Français le plus charmant que j’aie jamais eu la chance de rencontrer (et croyez-moi, j’en ai rencontré quelques-uns) ; Lazarus Goldschmidt, dont les programmes musicaux légers fascinaient les « Refereaders »
(les lecteurs du journal The Referee) dans les émissions d’après-thé ; Serge Neiberger, Al Victor, Rob Roy, et tous les autres.
Eux et tous les membres de leurs orchestres travaillaient d’arrache-pied à la préparation et à la réalisation des concerts, qui étaient si impatiemment attendus par les nombreux auditeurs britanniques qui comptaient sur Radio Paris pour leur divertissement dominical.
Au début de l’année 1933, en collaboration avec Albert Adams, alors directeur de l’Alhambra – le music-hall parisien –, j’ai été, je crois, la première personne en Europe à introduire des "artistes invités" dans mes programmes. Mes premiers invités étaient, si je me souviens bien, nul autres que Nervo et Knox.
L'idée fut appréciée par les auditeurs, et de temps à autre, des personnalités très connues faisaient quelques remarques joyeuses et amicales depuis les microphones parisiens.

Au cours d'un des concerts d’après-thé de Lazarus Goldschmidt sur Radio Paris, le premier violon jouait un solo. Soudain, j’ai été horrifié de le voir pâle comme un linge et vaciller légèrement. Il était manifestement malade et sur le point de s’évanouir. Heureusement, le second violoniste a vu ce qui allait se passer et, alors que le soliste tombait dans mes bras, l’autre homme a repris le solo avec tant d’habileté que même les techniciens de régie ne se sont pas rendu compte qu’il y avait eu un changement d’artiste imprévu.
À l’automne 1933, j’animais également de petits concerts en soirée sur cette autre station populaire de la capitale française, le Poste Parisien. Cela signifiait souvent que je devais prononcer mes derniers mots au micro de Radio Paris, vêtu de mon chapeau et de mon manteau, dévaler les escaliers, sauter dans un taxi qui m’attendait, et arriver au studio de Poste Parisien juste à temps pour y ouvrir mon concert.
J’ai toujours eu le sentiment que ces jours à Paris étaient trop beaux pour durer. Mes pressentiments ne se sont que trop bien réalisés. À la fin de l’année 1933, il fut décidé de mettre fin aux concerts britanniques sur Radio Paris, qui devint une station nationale à part entière française.
Nous fûmes contraints de chercher un autre moyen de diffusion. Nous n'avons pas eu à chercher bien loin ; nous avons trouvé ce qu'il nous fallait dans le tout nouvel émetteur international du Grand-Duché de Luxembourg. Cette super-station, d’une puissance de 200 kilowatts, venait d’être mise en service, et le 3 décembre 1933, nous avons fait le lien entre l’ancien et le nouveau en diffusant simultanément nos programmes depuis Radio Paris et Radio Luxembourg.
Dès le dimanche suivant, nous avons transféré définitivement nos activités au Luxembourg.
L'installation de l'émetteur était à la pointe de la technologie moderne, et nous avons commencé à nous habituer à prendre l'antenne avec une puissance de 200 kilowatts derrière nous.
Puis, un après-midi, la voix anglaise la plus populaire de la radio s'est fait entendre, et la nouvelle s'est répandue comme une traînée de poudre : "Christopher Stone
(célèbre présentateur britannique) est au Luxembourg."
Les concerts se sont multipliés et ont gagné en qualité jusqu’à ce qu’aujourd’hui, l’anglais soit diffusé depuis Luxembourg de 18h 30 à 19 h 30 tous les jours, ainsi que le samedi de 23 h 30 à minuit, et le dimanche de midi à minuit.

Et me voici donc ; c’est la même voix qui s’adresse aux personnes qui écoutaient depuis le yacht du Daily Mail en 1928
(cf interview de Stephen Williams - 1987). Quelle activité fascinante que cette radio ! Elle ne me lasse jamais – en tout cas, pas moi – et je ne pense pas qu’elle me lassera un jour. C’est étrange comme les choses tournent, quand on regarde en arrière, de Luxembourg à Lectern (c’est là que j’ai commencé à parler en public). Je peux dire que j’ai apprécié presque chaque instant que j’ai passé en compagnie de mon vieil et fidèle ami, M. Mike (le micro). Remarquez, parfois, il peut encore être très impressionnant, même si je le connais bien. Je ne peux m’imaginer dans aucun autre métier où je serais ou aurais été plus heureux. Mais, après tout, je fais partie de ces chanceux qui ont la chance de pouvoir gagner leur vie en faisant quelque chose qui est devenu leur passe-temps.

STEPHEN WILLIAMS

 

 



Radio Pictorial (18 janvier 1935)


            
  Les Allen et Anna Lee
cliquez sur le magazine



"The Children Hour"   (L'heure enfantine)


A la page 43 du magazine, on trouve une lettre de Bob Danvers-Walker (Oncle Bob)

         Bonjour, les enfants

Oncle Bob de Radio Normandie écrit une lettre spéciale pour les enfants cette semaine, et promet quelques photos du travail, d'Hector et de l'oiseau de la Radio !
  ( personnages de l'Heure enfantine ? )


HELLO, LES GARÇONS ET LES FILLES,

   
Comme c'est triste de voir Noël et le Jour de l'An passer si vite, mais bien sûr, il y a tous les jouets et les choses reçus à mettre à l'honneur dans l'armoire à jouets.

    Je voulais envoyer une photo pour accompagner cette lettre, mais j'ai découvert que mon appareil photo avait "cliqué" au mauvais moment.

    Maintenant que j'y pense, ce serait plutôt amusant de vous faire voir quelques photos des chiens, d'Hector l'oiseau de la radio, et peut-être une photo du Dr. Whackem et ses savants ; je dois m'activer et voir ce qu'il est possible de faire.

     Ce serait vraiment irréfléchi de ma part de ne pas vous dire combien nous avons apprécié les merveilleuses cartes que vous nous avez envoyées pour Noël et la Nouvelle année. Notre bureau ressemble à une galerie de photos avec toutes ces cartes épinglées sur le mur.

     Hector m'a demandé de me renseigner pour savoir si les garçons et filles pensent qu'il s'est débarrassé de son accent espagnol. Chaque matin, il me réveille avec ses leçons de chant. Quand il a commencé à dire "Many Happies"
(beaucoup de bonheur) peu après notre retour de Madrid, ça ressemblait plus à comme "Money Hoppies" (?), donc je lui ai dit d'aller prendre une autre leçon.

     Parler de leçons n'est pas le meilleur des sujets sur lequel je dois écrire, je suppose, mais, tout de même, je veux vous souhaiter un retour à l'école très heureux et je fais confiance à tous les oncles
(autres animateurs) de faire de leur mieux pour vous amuser quand vous rentrerez à la maison.
     Gardez le sourire,
                        Comme toujours,
                                 Votre Oncle Bob





<  La pub "Ovaltine"
* était présente pendant
     les émissions enfantines



   
* produit connu en France sous le nom d'Ovomaltine






   

    Bien sûr à Radio Normandie, il n'y avait que des "Oncles"
    et des "Tantes" !!!

  

    Of course on Radio Normandie, there were only "Uncles"
    and "Aunts"!!!
                                                

                                             

 

             
                                                     Radio Pictorial (8 février 1935)


PUBLICITé dans le RADIO PICTORIAL du 8 février 1935


Dès 1935, les psy parlaient déjà à la radio :

                                         

Pourquoi ne pas

consulter

G
ENE DENNIS ?


GENE DENNIS, "la femme à l'esprit le plus étonnant du monde", émet tous les dimanches à l'intention des auditeurs britanniques sous le parrainage de Coleman and Company Ltd, fabricants du célèbre vin tonique Wincarnis. Si vous souhaitez la consulter sur un problème personnel, écoutez et envoyez ensuite votre question avec l'emballage rose d'une bouteille de Wincarnis et un timbre à Miss Gene Dennis, c/o Wincarnis, 30 Bouverie Street, E.C.4.

Même si vous ne souhaitez pas consulter Miss Dennis vous-même, cela vaut la peine d'écouter la façon étonnante dont elle résout les problèmes des autres.

Les horaires de ses émissions sont les suivants : Radio Luxembourg (1304 mètres) 15.45 - 16.00 pm. Poste Parisien (312 mètres) 18.45 - 19.00 Radio Normandie (206 mètres) de 21.45 à 22.00.

 

 



Radio Pictorial - (3 mai 1935)

            
  Le roi George V
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“à travers l'Atlantique avec une radio portable”

Article écrit par Frank Lamping, présentateur en avril 1933 sur Radio Normandie


Une aventure dans un nouveau domaine des programmes
de radiodiffusion décrite par un passionné de radio qui a traversé
l'Atlantique avec un récepteur portable.
 

( la traduction suit l'article )




 

                                                                    
                                                                                       
traduction
                                                                    RADIO PICTORIAL 3 mai 1935

De l'autre côté de l'Atlantique avec un portable
 
  par Frank LAMPING annonceur à Radio Normandie
(en avril 1933)
  et passionné de radio


Nous avons quitté Plymouth par une froide nuit d'hiver à bord du bateau qui devait nous emmener à bord du MS Lafayette, en direction de l'ouest, notre résidence très instable pour les huit jours suivants. En approchant du paquebot, nous avons allumé notre récepteur portable à quatre lampes McMichael, juste à temps pour entendre la dernière musique de danse de la BBC et les notes solennelles de Big Ben. On ne pouvait imaginer un adieu plus approprié, signifiant qu'il est le foyer de tous les Anglais.

En arrivant à bord, nous avons essayé notre appareil ; mais, du fait que nous étions complètement entourés d'acier et qu’il n'y avait pas d'antenne extérieure installée, le seul résultat n’était que le bruit des ondes porteuses de plusieurs stations.

Malgré le vent et la tempête qui nous ont accueillis le lendemain, nous avons réussi, avec l'aide d'un steward français aimable et doué en radio, à ériger une sorte d'antenne extérieure. Bien qu'elle soit longue, son emplacement technique laissait beaucoup à désirer et c'est avec beaucoup de crainte et d'inquiétude que nous avons commencé les opérations cet après-midi-là. La réception des stations en ondes longues était médiocre et, en fait, après le premier jour, celles-ci ne pouvaient plus être captées du tout. Sur la bande des ondes moyennes, nous avons eu plus de succès, mais nous avons constaté que jusqu'à la tombée de la nuit, la réception était médiocre.

Vers 16 h 30 ce jour-là, nous avons capté l'Heure des Enfants de Radio Normandie et écouté les joyeux « Oncles » dans l'une de leurs meilleures prestations. On a ensuite entendu une ou deux stations allemandes du même quartier jusqu'à ce que nous nous mettions enfin à capter Henry Hall et sa musique de danse de London National. Pendant le reste de la soirée, nous avons parcouru tout le cadran et réussi à capter toutes les stations sauf les très faibles stations européennes. À 22 h 30, nous avons capté le programme anglais de Paris (Poste Parisien) et nous étions ravis d'entendre John Sullivan, l'annonceur de l'IBC, nous souhaiter « Bon voyage ». Malheureusement, ses vœux ne furent pas exaucés, car à ce moment précis et pendant le reste du voyage, nous fûmes ballottés de tous côtés. De toutes les traversées de l'Atlantique, celle-ci se révéla de loin la pire. Plus tard, des salutations similaires nous parvinrent de Radio Normandy, mais certaines d'entre elles étaient gâchées par la radio du navire qui couvrait tout quand elle était en action.

L'après-midi et le soir suivants, le nombre de stations captables commença à diminuer rapidement. Francfort (251 mètres), Heilsberg (291 mètres), Radio Normandy (269,5 mètres), Poste Parisien (312 mètres), Breslau (315 mètres), Hambourg (331 mètres), London Regional (342 mètres) et Rome (420 mètres) furent pratiquement les seules survivantes. Au cours de la soirée, le vent fit tomber partiellement l'antenne du navire, et avec lui la nôtre, mettant l'appareil hors d'usage dans la nuit. Il faisait trop sombre et la tempête ne permit pas de procéder à des réparations cette nuit-là, mais l'après-midi suivant, tout était en ordre. Nous étions de nouveau en état de marche.

A l'exception de quelques radios de Londres, Paris et Radio Normandie, nous étions désormais complètement déconnectés du continent européen. Cependant, cela était en partie compensé par l'excitation de pouvoir capter notre première station américaine, W.A.B.C., à New York.

Les quatrième et cinquième jours de sortie donnèrent de très mauvais résultats. Deux ou trois émetteurs américains furent entendus, mais ne purent être entendus suffisamment longtemps pour permettre leur identification. Normandie et Paris (Poste Parisien) purent encore être captés, mais plus avec un signal satisfaisant. Il est intéressant de noter que bien après que toutes les autres stations européennes eurent disparu du cadran, ces deux-là donnèrent encore quelques signes de vie.

A partir de ce moment, jusqu'à notre accostage à New York le neuvième jour (avec plus de vingt-quatre heures de retard), les stations américaines commencèrent à émettre avec une puissance croissante. On remarqua cependant que même les émetteurs les plus puissants, dont la puissance est évaluée à 50 kW ou plus, ne semblaient pas avoir la portée des stations européennes de puissance égale. W.L.W., la célèbre station de 500 kW de Cincinnati, Ohio, n'apparut même pas sur notre poste.

La meilleure réception a été celle de la station W.B.T., située à Charlotte, en Caroline du Nord. Lorsque nous avons écouté, nous avons appris que leurs nouveaux mâts de 130 mètres et leur puissance de 50 kW étaient utilisés pour la première fois et qu'ils demandaient des rapports de réception qui seraient confirmés par voie hertzienne. Nous avons envoyé un radiogramme les informant de la merveilleuse réception de W.B.T. et une heure plus tard environ, nous avons reçu un accusé de réception de Charlotte au Lafayette au milieu de l'Atlantique.               > WBT Charlotte, NC : https://www.fybush.com/sites/2008/site-081205.html

Notre voyage terminé, nous avons repensé aux journées très intéressantes que nous avions passées sur le bateau et, comme à de nombreuses occasions précédentes, nous avons décidé qu'un ensemble portable ferait toujours partie de nos bagages lors de futurs voyages.

Au cours de la traversée, le Lafayette reçut six messages SOS. Les bateaux tout autour de nous étaient en détresse, mais nous étions trop loin pour leur porter secours et laissâmes le travail de sauvetage aux navires à proximité. Le sympathique capitaine du Lafayette, qui, soit dit en passant, possédait un système de radio toutes ondes, nous attendait dans sa cabine et heureusement pour nous, c’était un grand fan de radio. Il a dit que c'était le pire voyage qu'il n'ait jamais vécu.

Le moment le plus dramatique de tout le voyage fut peut-être celui où la BBC diffusait les dernières nouvelles. D'un ton suave, le présentateur raconta comment un vapeur britannique qui luttait contre les terribles rafales qui soufflaient au milieu de l'Atlantique, avait annoncé par radio qu'il était en détresse et qu'il coulait. Il poursuivit en disant que le temps dans l'Atlantique Nord était le pire depuis de nombreuses années et que la mer était démontée. Il était évident que plusieurs de nos passagers qui écoutaient l'émission étaient profondément émus et un silence pénible suivit la dernière annonce. Ce silence ne fut rompu que par un membre spirituel de l'équipe qui s'exclama : « Puisqu’il nous le dit. »

 

Radio Pictorial - 3 janvier 1936



          Pat Hyde
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Page 33 :

A PROPOS DE FéCAMP...

étranges histoires sur Radio Normandie par E. J. Oestermann

(la traduction française suit l'article de Radio Pictorial)...

 




                                                                                              Radio Pictorial (3 jan 1936) 

                                                                                                           
Traduction

       
A propos de Fécamp, savez-vous que la Grande-Bretagne a autrefois possédé ce port ?
              Un célèbre roman se déroule ici ? Ce que l'on exporte vers l'Angleterre ?
 

                        LE PAYS DES PêCHEURS

                                          étranges histoires sur Radio Normandie par E. J. Oestermann*    
                              (*E.J. Oestermann, annonceur de Radio Normandie, semble très satisfait de sa vie à Fécamp !)

 

Les émissions de Radio Normandie que vous écoutez si souvent proviennent, comme vous le savez sans doute, de la station installée ici, dans le petit port de Fécamp. Vous ignorez peut-être qu’autrefois, le drapeau britannique flottait sur la forteresse au sommet de la falaise. Il y est resté pendant seize ans, jusqu’à ce qu’en 1435, quatre mille paysans se regroupent et parviennent à nous reprendre la forteresse.

Laissez-moi vous parler un peu de ce vieil endroit plein de charme.
 
Fécamp n’est pas du tout un port facile d’accès par gros temps, bien qu’il s’agisse du deuxième plus grand port de pêche de France. Un grand navire ramène parfois jusqu’à 700 tonnes de morue, ce qui représente plus de 500 000 morues pêchées par un seul équipage.

C'est ici, à Fécamp, que Rudyard Kipling vin
t recueillir des éléments pour son récit palpitant "Captaines Courageux" et, bien que dans le livre il ait fait de ses personnages des Anglais, le défunt capitaine d'un des navires de Fécamp a déclaré que l'histoire ressemblait tellement à ses propres expériences qu'il a lu et relu une traduction à maintes reprises.

Conquis pendant la guerre civile

Non loin du sémaphore sur les falaises se trouvent les vestiges d’un ancien fort qui fut conquis par les royalistes pendant la guerre civile à la fin du XVIe siècle. Selon l’histoire, cinquante soldats royalistes débarquèrent par une nuit particulièrement sombre et escaladèrent la falaise à l’aide d’une échelle de corde qui fut hissée et fixée pour eux par deux amis de la garnison.

À mi-chemin, le chef de la bande a pris peur. L'officier commandant se trouvait loin, au pied de l'échelle, s'étant posté là pour s'assurer que personne ne fasse demi-tour. Sans un instant d’hésitation, il grimpa courageusement par-dessus le dos de tous les hommes et intimida ainsi le chef du groupe à tel point qu’il eut plus peur de son officier que de la terrible ascension qui l’attendait.

Mais il existe de nombreuses légendes bien plus anciennes que celle-ci liées à Fécamp. Certains disent que le nom vient de deux mots latins et signifie « champ de figuiers ».


Voici l'histoire :

L'un des neveux de Nicodème
1, qui vivait à Sidon2, possédait un grand trésor : une précieuse relique que son oncle lui avait donnée après la Crucifixion. Afin de l'empêcher de tomber entre les mains de soldats païens, il la cacha dans un creux du tronc d'un de ses figuiers, puis abattit l'arbre et le jeta à la mer.
1-
 Nicodème, l'un des premiers disciples de Jésus. 
2- Sidon : aujourd'hui Sayda (Liban)    
suite >

 

La Providence le fit échouer à Fécamp, où se trouve aujourd’hui le sanctuaire du Précieux Sang. Il fut trouvé par les fils d’un berger, qui furent très surpris de voir de grandes feuilles pousser sur le tronc, car à l’époque, les figuiers étaient inconnus dans le nord de la France. Ils ont essayé de le déplacer, mais une force mystérieuse le maintenait fermement au sol.

Des années plus tard, la veuve de ce même berger accueillit un vieil homme qui passait devant sa porte. Lorsqu’il entendit parler de l’arbre, il fut très désireux de le voir, et ses fils l’emmenèrent à l’endroit où il se trouvait encore. À leur grand étonnement, il le déplaça sans difficulté et il fut placé sur une charrette à bœufs et escorté jusqu’à la ville.

Lorsqu’il atteignit l’endroit où se trouve aujourd’hui le sanctuaire de l’abbaye, il devint soudainement lourd et la charrette se brisa sous son poids. Au même moment, l’étranger, que l’on reconnut alors comme étant un ange, disparut.

Une petite église en bois fut immédiatement construite à cet endroit, et au cours des siècles suivants, d’autres églises en pierre prirent sa place. L’une des plus grandes d’entre elles fut construite par Guillaume Longue-Épée* et son fils, Richard l’Intrépide**.
*Guillaume 1er de Normandie (900-942), dit Guillaume Longue-Épée, est le fils de Rollon et de Poppa de Bayeux. Chef des Normands de la Seine et comte de Rouen, il est considéré comme le deuxième duc de Normandie
**Richard l’Intrépide ou Richard Sans peur : Richard 1er de Normandie (932-996).

Un différend surgit quant au nom que l’église devait porter. Il fut tranché par l’apparition d’un ange — une fois encore sous les traits d’un vieillard — qui se fraya un chemin à travers la foule et posa un couteau sur l’autel. Le couteau portait l’inscription en latin : "Au nom de la Sainte et Indivisible Trinité."


Charles II s’enfuit à Fécamp

C’est donc pour cette raison que le sacristain qui se promène dans l’ abbaye pendant la messe chaque dimanche porte les lettres S.T. signifiant Sainte Trinité, sur son uniforme brodé.

Charles II d'Angleterre (1630-1685) débarqua à Fécamp lorsqu’il s’enfuit en France après la bataille de Worcester.

Et voici un autre lien entre l’Angleterre et Fécamp. Les galets sur la plage qui gênent vos pas lorsque vous marchez, ont une valeur qui leur est propre. Car ils sont ramassés avec beaucoup de soin, selon leur taille et leur nature, puis expédiés en Angleterre afin que nous puissions fabriquer un type très particulier de poterie.

Pensez donc à Fécamp comme à une terre de pêcheurs, de pierres et de légendes, la prochaine fois que vous entendrez "Fécamp" sur votre radio.

 
 

 

Radio Pictorial (25 septembre 1936)





Promotion du Radio Pictorial pour une émission anglaise diffusée le dimanche 4 octobre 1936
A noter la participation de Valaida Snow, célèbre musicienne et chanteuse de jazz,
surnommée "Petit Louis"
* pour ses talents de trompettiste

*
en référence à Louis Armstrong évidemment




Valaida Snow


Radio Pictorial promotion for an English program broadcast on Sunday October 4, 1936
Note the participation of Valaida Snow, famous musician and jazz singer,
nicknamed “Little Louis” for his trumpeting talents




 

 



Radio Pictorial - 23 juillet 1937

               
  Hughie et son gang
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Joe Murgatroyd en route pour la Normandie

« La semaine dernière, nous vous présentions JOE MURGATROYD, le nouvel entraîneur
de "culture physique" de Radio Normandie.

Cette semaine, il vous raconte son arrivée en Normandie !
»

(la traduction suit l'article)




Traduction

CHERS LECTEURS, Vous voulez donc savoir ce que nous avons vécu lors de notre voyage vers Radio Normandie ? Nous étions dans le taxi qui se rendait à Victoria pour prendre le train - Poppet à côté de moi était très excitée à l'idée de se rendre sur le "Continong" ( "continent" - avec l'accent du Yorkshire ).
Le chauffeur de taxi a dit : "Oh, alors vous allez en France, n'est-ce pas ? J'ai emmené une dame pour prendre le même train hier, et une chose amusante s'est produite. Quand nous sommes arrivés à la gare, la dame s'est aperçue qu'elle avait oublié son "top set", et naturellement elle était très ennuyée. J'ai donc téléphoné à notre garage et ils ont envoyé une voiture pour aller chercher "son dentier"
(traduction ???) de la maison à la gare Victoria." Mais ensuite, il a ajouté, "Les gens oublient toujours des choses." Je me suis tourné vers Poppet et j'ai dit, "Poppet, as-tu oublié quelque chose ?" C'était comme si on lui avait planté une épingle, car elle a crié, "Oh, j'ai oublié ma fourrure." Alors j'ai dû téléphoner pour que quelqu'un l'apporte et elle est arrivée juste au moment où le train partait. C'était une bonne idée, car quand nous sommes montés sur le bateau, le vent soufflait fort. On s'est dit : "Vivre sur l'océan. Qu'importe si ça souffle, mais là, c'est trop !" Alors Poppet a dit "J'ai une idée."
— "Qu'est-ce que c'est ? Elle a répondu "Le déjeuner ; nous pouvons descendre, nous mettre à l'abri du vent, et employer le temps utilement." C'est drôle comme les grands esprits se rencontrent. Il devait y avoir mille personnes à bord de ce bateau, et neuf cent quatre-vingt-dix-neuf pensaient comme Poppet. Quand nous avons déjeuné, il ne subsistait que quelques bricoles et nous sommes arrivés à Dieppe avec une petite accalmie dans la tempête. Je vous jure que vous n'avez jamais entendu un tel vacarme de toute votre vie.

Tous les Anglais ont commencé à parler français, mais les Français ne semblaient pas comprendre leur propre langue. Je n'ai rien dit du tout, je n'ai pas pu, j'ai posé mon sac sur le comptoir et le douanier m'a regardé d'une manière féroce et a crié "Cigarettes" ? J'ai dit "Je n'en fume jamais". Il a dit "Cigares". J'ai dit : "Ça ne me dérange pas d'en avoir un si c'est un bon." Puis il a dit quelque chose qui ressemblait à "Pee-Kay"
(pauvre c...). J'ai l'impression que ce type m'a pris pour un idiot. Les trois porteurs sont arrivés et ont essayé de nous mettre, Poppet, moi et les bagages, dans le train pour Paris, mais plus par la force que par la persuasion, nous avons réussi à les en dissuader. Poppet, qui avait lu "Améliorez votre français", a expliqué avec beaucoup de difficulté que nous devions "Attendre urn om from Fecamp". (attendre un homme de Fécamp) Mais le "om" n'était pas là, ni la voiture du "om" qui aurait dû venir nous chercher. J'ai dit : "Je suis rassasié ; j'ai envie de prendre une tasse de thé."

Le portier a dit : "On doit payer des droits de douane." J'ai répondu : "Je n'ai rien à payer." Mais c'était un bon gars et il essayait seulement de nous aider - en fait, il est resté avec nous tout l'après-midi. Heureusement, j'ai trouvé un homme du R.A.C. (Royal Automobile Club), qui a téléphoné à Fécamp pour moi. La voiture apparemment, avait eu une crevaison, et elle en avait eu une autre avant d'arriver à Dieppe. Après plusieurs heures, et plusieurs pots de thé, la voiture s'est mise en route - elle n'avait que cinq chevaux ! J'ai regardé mes bagages, j'ai regardé Poppet, j'ai regardé la voiture, et j'ai espéré chanter le refrain de "Je crois aux miracles". Eh bien, j'y crois encore, car nous avons tout embarqué. Vous auriez dû voir Poppet, coincée avec un panier, des clubs de golf, plusieurs sacs, et à l'arrière - mon coffre attaché avec des bouts de ficelle noués aux poignées des portes arrière. Nous sommes partis avec style. En chemin, nous avons vu un joli spectacle : un mariage à la campagne. La mariée, la plus jolie, était bras dessus bras dessous avec le marié et il y avait un cortège d'amis derrière eux. Ils avaient dû marcher au moins 5 ou 6 kilomètres jusqu'à l'église, et ils étaient sur le chemin du retour vers leur propre village. Juste après, j'ai regardé le compteur de vitesse, qui indiquait quatre-vingt-dix. J'ai dit au conducteur : "Vous allez un peu vite, non ?". Il m'a répondu : "Ce ne sont pas des miles, ce sont des kilomètres". Quoi qu'il en soit, nous sommes arrivés très fatigués et ruisselant de sueur à l'hôtel d'Angleterre. Ils l'appellent ainsi parce qu'aucun d'entre eux ne parle anglais. La mer avait l'air accueillante, alors je me suis baigné, j'ai plongé et j'ai fait ma première rencontre avec une méduse française, après quoi je me suis senti beaucoup mieux. Maintenant, je vais dîner. Bientôt, je vous dirai tout sur la rencontre avec "les gars", les annonceurs
(speakers) et les "oncles" (les Tontons) de la station Radio Normandie - Thorpe Devereux - David Davies - Ian Newman - Kenneth Maconochie - et l'homme qui est la force derrière son trône, Clifford Sandal, le technicien.
 
 

JOE MURGATROYD. (traduit avec Deepl)      

Albert Berthelot, le chauffeur de Radio Normandie accueille un invité spécial à l'arrivée du ferry à Dieppe avec l'une des voitures de service

 

 

 



RADIO PICTORIAL du 10 septembre 1937

                          Reginald Dixon

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LA VITRINE DE L'I.B.C.



Par l'observateur






LA VIE À FECAMP
 

Tant d'auditeurs ont écrit pour demander des nouvelles de Fécamp et de ses habitants, que le moment semble venu de donner quelques informations sur cette petite ville normande, située à peu près à mi-chemin entre Dieppe et le Havre.

     Oublions donc pour l'instant l'Abbaye Bénédictine, son ancienneté, et pensons à Fécamp telle que nous la connaissons, nous les animateurs et nos amis français.
     Tout d'abord, Radio Normandie est implantée dans l'un des ports les plus importants de la côte nord de la France, important pour la vente à la criée et la distribution de la morue, ce poisson ordinaire qui a pourtant fait la fortune de quelques familles fécampoises.
     Les bateaux viennent d'aussi loin que Terre-Neuve et l'Islande pour décharger à quai leurs cargaisons de morue salée et, par une soirée d'été, le port est l'un des endroits les plus pittoresques de la ville, avec les chalutiers peints en gris à leurs amarres, un pétrolier rouge et noir occasionnel, entrecoupés de quelques vieilles carcasses en bois, un, deux et trois-mâts, dont la peinture a disparu il y a une vingtaine d'années, dont les cordages et les poutres pourrissent, tout :

                          " Aussi oisif qu'un navire peint
                            Sur un océan peint."


     C'est un spectacle triste mais fascinant que de voir un solide navire mourir sur son flanc après peut-être cent cinquante ans de vie active et utile.
     La fabrication de la Bénédictine et la pêche sont les deux principales industries qui ont fait de Fécamp une petite ville prospère et animée de quelque dix-sept mille habitants.
      Quelques jours passés ici et vous connaissez la géographie de Fécamp par cœur. Vous aurez exploré les deux côtés des falaises, l'église surplombant la mer - aujourd'hui reconstruite - qui était debout lorsque Guillaume le Conquérant a pris la mer - avec la bénédiction officielle de l'Abbaye et un cadeau de deux navires de l'Abbé. Ensuite, l'abbaye elle-même, la fabrique de la Bénédictine, le musée, le cinéma - il y en a en fait deux, mais je n'ai eu le temps d'en trouver qu'un seul jusqu'à présent -, le seul salon de thé où le thé est buvable, les cafés les plus populaires de la ville et du front de mer, Radio Normandie (Veuillez écrire et prendre rendez-vous au préalable, si vous voulez visiter la radio) et le Casino où l'on peut rencontrer ses amis, s'asseoir, boire, danser ou jouer à la "Boule".

 

 


RADIO PICTORIAL du 17 septembre 1937

                 Patricia Burke
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L'épopée gastronomique de Joe Murgatroyd, le "gars du Yorkshire"
vécue dans ce pays bien étrange qu'est la Normandie !  Ah, ces Anglais...

 

           Extrait du "Radio Pictorial" du 17 septembre 1937

                          LA VITRINE DE L'I.B.C.

       
       JOE MURGATROYD
        PARMI LES ANIMATEURS



C'est promis, je vais tout vous raconter sur la rencontre avec les animateurs de Radio Normandie.

Eh bien, je viens de dîner – plutôt sympa – mais ils ne nous ont pas donné de pudding du Yorkshire pour commencer, comme ils le font habituellement à la maison. D’ailleurs, ils ne nous en ont pas donné à aucun moment. Nous avons eu du “via blong” [du vin blanc] (avec l'accent du Yorkshire - ndlr) et mangé beaucoup de "morceaux" (pommes de terre ?) - cela ne m'a pas du tout dérangé, mais depuis, j'ai une sorte de nostalgie d'une bonne assiette honnête de rosbif et de légumes avec un bon morceau de tarte aux pommes, mais je ne pense pas qu'ils en aient jamais entendu parler ici.

En fait, j'ai rencontré Thorp Devereux, le “chef” des animateurs, et nous avons parlé de nourriture. Il en est devenu très déprimé et a déclaré que cela était dû à “une fertilisation excessive de la terre”. C'est un type très sympathique et il est retourné actuellement en vacances en Angleterre, se plongeant la tête dans du pudding au steak et aux rognons, des steaks grillés et de la tarte aux alouettes, etc., etc.

Il avait planifié tous ses repas avant de partir. Je pense qu'il aura également tout le reste. David J. Davies était également présent au dîner - c'est un peu un “cheikh” - plutôt beau, mais un peu maigre. En effet, lorsqu'il a mal, il ne sait pas si c'est un mal de dos ou un mal de ventre.

Poppet a entendu dire qu'il y avait un casino ici, et comme il lui restait un peu d'argent du voyage, elle voulait " casser la banque ", mais la "banque" a vite mis fin à cette idée.

Quoi qu'il en soit, nous avons rencontré les autres gars là-bas. Maintenant les filles, sachez que Ian Newman est un type sérieux et digne de confiance mais je pense qu'il est un peu écossais, hum... Yorkshire donc. Bien sûr, on s’accorde bien. Il y a aussi Clifford Sandall, l'ingénieur technicien, qui parle le français presque aussi bien que moi.

Kenneth Maconachie est arrivé pendant la soirée. Il a une voix argentée, des cheveux ondulés et un regard envoûtant. Si jamais on recherchait un "Great Lover" pour faire "My Fair Lady" en direct, Kenneth est le type qu’il faut. Lui et moi discutons souvent au micro - disons que vous nous avez entendus parfois - ainsi que les autres présentateurs, à des moments différents.

La nuit suivante, Thorp et David nous ont invités Poppet et moi à nous rendre en voiture jusqu'à un endroit le long de la côte appelé Yport. Nous sommes arrivés à Yport, un joli petit village de pêcheurs, puis quelqu'un nous a proposé de nous rendre à Étretat, un endroit très chic. Nous avons demandé notre chemin et on nous a indiqué un raccourci pour atteindre la route principale.

Au fur et à mesure que nous avancions, la route devenait de plus en plus étroite et accidentée et finissait par devenir si raide que, eh bien, vous avez déjà vu un chat qui plonge sur un arbre et manque presque de le rater ? Eh bien, la voiture, c’était comme ça.

Elle a déchiré et griffé la route, puis s'est arrêtée - nous ne pouvions plus ni monter ni descendre - alors Poppet a demandé innocemment : "Les gens doivent-ils avoir un permis de conduire par ici ?" Je pense qu'elle commençait à se sentir un peu nerveuse.

Quant à moi, j'espérais le meilleur et m'attendais au pire. Quoi qu'il en soit, en poussant à trois, plus un autre au volant (David est malin, pousser ne lui plaisait pas, il préférait conduire), nous avons réussi à atteindre le sommet.

Quoi qu'il en soit, nous sommes rentrés à Fécamp en toute sécurité et, comme l'a dit M. Peeps : "Alors, au lit".

 



Radio Pictorial  (15 octobre 1937)
 

                   Carroll Levis
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Joe Murgatroyd se promène
(la traduction suit l'article)



Photo : Joe Murgatroyd en route vers les ondes et pour cela, à l'assaut d'un des pylônes de Fécamp
Photo: Joe Murgatroyd on his way to the airwaves and for that, attacking one of the pylons of Fécamp







Traduction

15 octobre 1937

Traduction de l'article de Radio Pictorial (ci-dessus)


La vitrine de l'IBC Shop  par l'observateur


Joe Murgatroyd se promène...  à Yport !

Etes-vous déjà allé à un port de pêche nommé Yport ? En effet, si vous êtes passé à Yport, vous vous seriez demandé pourquoi c'est un port. La principale chose pour laquelle il est réputé est son "parfum" ; on dit que l'odeur des algues est très bonne pour les poumons - après être allé au port appelé Yport (vous voyez, je ne peux m'empêcher de rimer) - je commence à croire qu'une déficience respiratoire serait préférable plutôt que supporter une telle odeur.

Poppet et moi avions décidé d’y aller à pied. Et à vol d'oiseau, cela fait environ huit kilomètres, mais comme nous ne sommes pas des corbeaux, nous avons dû parcourir beaucoup plus à pied. En chemin, j'ai demandé "la route" à un homme et il m'a répondu "tout droit", ce que j'ai traduit par "toujours à droite". Alors j'ai commencé à tourner à droite et je me suis retrouvé au point de départ.

J'ai alors demandé à un autre gars qui m'a répondu "tout droit", alors j'ai pensé que j'avais peut-être manqué l’un des virages et j'ai recommencé.

J'aurais pu passer le reste de ma vie à tourner en rond si je n'avais découvert que "tout droit" signifie en anglais "straight on" et c'est un peu quand on dit en anglais "You can't miss it", [Vous ne pouvez pas le manquer] ce qui signifie invariablement que vous le pouvez ! Poppet avait une paire de chaussures serrées (Ah, ces femmes !), du moins elles le devenaient un peu plus après chaque kilomètre.

Alors nous avons demandé à une femme s'il y avait un raccourci pour aller à Yport, et après une conversation si rapide qu'on aurait dit un combat de chiens (!), elle nous a indiqué un sentier qui descendait le long d'une sorte de montagne, et qui, selon elle, était "ploo faceel" [plus facile]. Eh bien, cela aurait pu être "ploo faceel" pour une chèvre, mais je ne pense pas que Poppet ressemble à une chèvre (ce qui est très gentil de ma part, car elle m'a traité de chèvre plusieurs fois ce jour-là). Poppet a insisté pour que je passe devant elle, parce que, comme elle l'a dit, en cas de chute, elle préférait tomber sur quelque chose de plus doux pour se rattraper. La prochaine fois que quelqu'un ici me dit "ploo faceel", je sors mon kit d'alpinisme. Nous sommes arrivés à Yport et nous mourions d'envie de boire une tasse de thé.

Alors nous sommes entrés dans un bar sur le front de mer, où ils nous ont fait du thé. Eh bien, ils ont DIT que c'était du thé, mais ça ressemblait plutôt à du café. En plus, ça avait le goût de cacao.

J'étais en train de me livrer à un exposé très divertissant dans le meilleur dialecte du Yorkshire sur les mérites d'une "cup of tay" (tasse de thé) faite en France, quand le serveur a dit qu'il comprenait "un petit peu" d'anglais. Je lui ai dit : "Eh bien, mon garçon, dans ce cas, tu as appris quelque chose aujourd'hui sur la "cup of tay" que tu n'avais jamais entendu auparavant".

Quoi qu'il en soit, nous avons repris le bus (pour Fécamp), et maintenant Poppet est partie soigner les ampoules qu'elle a aux pieds. Quant à moi, je vais "m'en prendre une".

A bientôt, les amis, et ne soyez pas en retard demain matin (7 h 45).

 

Commentaire : un article qui ne manquera pas d'interpeller les habitants d'Yport ! Mais bon, c'était il y a 85 ans...

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                                  A propos des senteurs d'Yport, Guy de Maupassant avait écrit :

"Je me rappelais aussi l'odeur des filets séchant le long des portes, l'odeur des saumures dont on fume les terres, l'odeur des varechs quand la marée baisse, tous ces parfums violents des petits ports, parfums rudes et senteurs acres,
mais qui emplissent la poitrine et l'âme de sensations fortes et bonnes."
 
(Guy de Maupassant, extrait de "Pêcheuses et guerrières")


"I also remembered the smell of the nets drying along the doors, the smell of the brines with which the land is smoked, the smell of kelp when the tide goes down, all those violent perfumes of small ports, harsh perfumes and acrid scents,
but which fill the chest and the soul with strong and good sensations."


(Guy de Maupassant, French writer 1850-1893, extract from "Pêcheuses et guerrières")


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Joe Murgatroydt et Poppet  (jeudi, vendredi et samedi à 7.45 sur Radio Normandie)


 

 


Radio Pictorial  (3 décembre 1937)


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"NOËL sur le CONTINENT" pour les speakers résidents


 

"Pendant que vous profitez des programmes de Noël du Luxembourg, de Lyon et de Normandie,
pensez aux Anglais qui travaillent pour vous divertir. Sur ces deux pages, les populaires Ogden-Smith, Tony Melrose, Roy Plomley, Bob Walker et Tom Ronald donnent quelques impressions et réminiscences vivantes des Noëls passés sur le continent.
"

 
 

Traduction des 3 paragraphes ci-dessus : les ex-présentateurs britanniques de Radio Normandy, Bob Danvers-Walker (Noël 1932 et 34), Roy Plomley (Noël 1936) et Tom Ronald (Noël 1932) évoquent leurs séjours à Fécamp pendant les fêtes.



1 - LES JOURS DE NOËL COMME À L'USINE !
 
Par BOB DANVERS-WALKER

En repensant à mes Noëls des douze dernières années, je constate que je n'en ai passé qu'un seul à Londres, et c'était l'année dernière (1936).
Dans tous les autres cas, le destin a voulu que je sois appelé à travailler dans le studio d'une station ou d'une autre. C'est pourquoi je parle de "l'usine".
Sans remonter très loin dans l'histoire, vers 1930, j'ai senti que je ne connaîtrais plus jamais ces effets secondaires causés par la consommation de comestibles saisonniers traditionnels, allant de la volaille gallinacée (la dinde pour vous) à l'alcool de bois. Cette année-là, j'ai avalé deux sandwiches avec du café tout en étant positivement imprégné de l'esprit de Noël pour éviter de me faire virer. Cette émission a été diffusée à Melbourne, en Australie.
En 1931, j'ai tourné en rond à Toulouse à la recherche de quelqu'un qui aurait pitié d'un présentateur anglais en train de tuer le temps avant de commencer à travailler
(à Radio Toulouse) ; quelqu'un qui reconnaîtrait les affres de la famine de la nuit de Noël et dirait : "Mon cher ami, pourquoi ne l'avez-vous pas dit plus tôt, tenez, prenez mon plum-pudding".
1932. C'était différent. À ce moment-là, vous voyez, j'étais de retour à Radio Normandy, alors voyez les contributions sur cette page de Tom Ronald et de Roy Plomley
(ci-dessous).
1933. Madrid, et à nouveau ma veillée de Noël au micro. Une partie de la journée est consacrée à l'étude de mon manuel de phrases espagnoles et à la découverte de choses telles que "Votre Honneur, ne voyez-vous pas que notre calèche a été frappée par la foudre...".
 (pas facile à placer dans une conversation - ndw)
1934. De nouveau, nous voici réunis à Fécamp où une sorte de repas de Noël a été organisé entre les équipes du studio.
1935. Paris. Aide à la cuisson du dîner sur un fourneau qui ne peut contenir qu'un bouvreuil et une tarte à la confiture, puis violente indigestion qui ne m’empêche pas de courir vers “l’usine” !
1936. L'aube s'est levée. Retour à Londres pour un Noël après plus de douze ans. Me suis-je amusé ? Ne dites pas de bêtises !
1937. Pour le moment, il semble que le Noël, cette année, se passera au sein de ma famille. Mais le lendemain (dimanche), le devoir va m'obliger à participer à la traditionnelle parade hebdomadaire de la radio des cigognes à Kingston. J'espère que vous serez tous suffisamment rétablis d'ici là pour pouvoir assister à ce grand spectacle.




2 - PERDU LE SOIR DE NOËL  Par ROY PLOMLEY

A Noël dernier, je venais de quitter Radio Normandie pour prendre la direction de la section anglaise du Poste Parisien, mais j'avais promis de retourner à Fécamp pour la fête de Noël.
La veille de Noël, j'ai été rejoint à Paris par Robert Fellowes, Jack Hargreaves et Bruce Anderson de Londres, et nous avons passé une soirée très joyeuse à insuffler l'esprit de Noël anglais aux Parisiens. Jack a failli gagner un cochon vivant à la tombola.
Soudain, nous avons réalisé qu'il était presque 3h30 du matin et que nous devions être à Fécamp, à 150 miles de là, pour 8h00, car Robert était de service. Nous avons pris la bonne route en sortant de Paris en direction du nord, mais nous avons dû prendre un mauvais virage quelque part car, après avoir roulé pendant environ trois quarts d'heure, nous nous sommes aperçus que nous avions fait demi-tour près de Versailles, qui se trouve dans le sud, et nous avons donc dû tout recommencer.
Nous sommes finalement arrivés à Fécamp avec quatre minutes d'avance. Nous avons trouvé de grandes festivités et un merveilleux dîner de Noël organisé pour nous et, bien que souffrant un peu du manque de sommeil, nous avons passé un excellent moment.




3 - LE MAL DU PAYS EN 1932   Par TOM RONALD

Mon premier Noël à Radio Normandie en 1932 aurait été désastreux si je n'avais pas eu de très bons amis au sein de l'équipe française. En raison de circonstances imprévues, j'étais le seul annonceur à continuer les transmissions qui, à l'époque, n'étaient pas si longues ni si difficiles.
Je dois admettre que j'avais un peu le mal du pays le matin de Noël, car je ne voyais pas beaucoup de possibilités de festivités. J'avais beaucoup de travail, mais Noël, c'est quand même Noël... et les appels téléphoniques d'amis bien intentionnés de Londres et de Paris me souhaitant un joyeux Noël et me disant qu'ils passaient un bon moment, m'ont plongé dans la morosité. Le soir, j'avais perdu tout espoir de fêter Noël, quand soudain le présentateur français est entré dans le studio en disant qu'une fête se déroulait dans le "studio vert"
(en face, rue de Boulogne à Fécamp) et que je pourrais y participer.
Naturellement, j'ai sauté sur l'occasion et après la fin des émissions pour la journée, j'ai eu l'une des meilleures fêtes de Noël que j'ai jamais connues, grâce, encore une fois, à mes très bons amis français. J'espère qu'ils viendront en Angleterre un jour de Noël pour que je puisse leur montrer ce que nous pouvons faire en matière de fête.


 

 



Radio Pictorial  (7 janvier 1938)

                
  Albert Whelan

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                                                 7 janvier 1938

LES PRESENTATEURS DE RADIO NORMANDIE
 
EN ACTION
  par  THORP DEVEREUX (chef annonceur)


On a beaucoup écrit dans cette rubrique sur les speakers et leur travail, on peut donc pardonner aux gens de supposer qu'ici à Fécamp, on s’ennuie à force de travailler et de ne pas s'amuser.

En fait, c'est loin d'être le cas et nous avons tous au moins un jour et demi de congé par semaine, comme tout autres travailleurs normaux. Ce congé hebdomadaire est grandement agrémenté par l’IBC, qui met à notre disposition la voiture de la station, une très belle Citroën, et de temps en temps, nous sortons et explorons la campagne environnante.

Tout récemment, j'ai fait une virée très agréable le long de la côte. En quittant Fécamp par la route côtière en direction du Havre, et empruntant des routes sinueuses qui rappellent les comtés du sud de l'Angleterre, notre première escale fut un pittoresque petit village de pêcheurs appelé Yport.

En continuant le long de la côte par d'autres routes tortueuses en montée et en descente, nous nous sommes arrêtés un moment pour admirer le joli tableau que nous offre Vaucottes, un minuscule hameau résidentiel niché dans sa propre baie, dont les teintes automnales sur les bois et les arbres environnants défient presque toute description.

En quittant Vaucottes et en traversant Vattetot, un petit village de campagne, un peu à l'intérieur des terres, nous sommes bientôt arrivés à étretat. En été, c'est le lieu de villégiature préféré des Anglais à l'étranger, à peine moins populaire auprès de la société anglaise et de la haute société que Deauville et Paris Plage
(Le Touquet - ndw).

Si vous vous rendez à étretat pendant les mois d'été, vous entendrez parler presque autant l'anglais que le français, notamment au Golf Hotel, une hôtellerie de première classe qui rappelle, à certains égards, le George à Reading et d'autres auberges de campagne anglaise du style des anciens relais de poste.

J'aimerais vous parler davantage des nombreux autres endroits intéressants à proximité, Le Havre, Rouen, Caen, ancienne ville universitaire et bien d'autres encore, mais le manque d'espace m'oblige à remettre cela à plus tard.

 

 




"Les 24 Heures du Mans " extraites du magazine "Radio Pictorial"   (10 juin 1938)

      
  June Malo

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LES 24 HEURES DU MANS - 1938

Les samedi 18 et dimanche 19 juin 1938 retransmises sur RADIO NORMANDIE commentées par Bob Danvers-Walker


Une fois de plus, Radio Normandie (212,6 mètres) offre aux auditeurs anglais, et particulièrement à ceux qui prennent un intérêt pour les sensations fortes des courses automobiles, avec les commentaires sur la course des 24 heures du Mans.

Cette épuisante course de fiabilité dans l'émission de 1937 avait procuré de nombreuses sensations fortes car elle intègre pratiquement toutes les conditions de course sur piste et sur route, vitesse, endurance, fiabilité, conduite de jour comme de nuit et les virages délicats. C'est au Mans que, pratiquement, la voiture de tourisme de demain est née. Les modèles garantis de nombreux constructeurs du marché automobile international occupent une place de choix. Pendant une période ininterrompue de 24 heures sur le circuit de la Sarthe, les voitures de tourisme entièrement équipées se disputent la suprématie. Comme les années passées, un certain nombre de voitures anglaises seront en compétition pour le prix très convoité.

A 16h00 le samedi 18 juin, le drapeau du starter s'abaissera et soixante voitures, chacune soutenue par un équipage de deux pilotes chevronnés, commenceront une bataille royale. Lorsque le drapeau de contrôle tombera à 16h00 le lendemain, l'histoire de l'automobile aura été faite - mais laquelle ?
Écoutez le compte-rendu de la course quand Bob Danvers-Walker (I.B.C. Senior Announcer), lui-même pilote de course expérimenté dans le passé, partage le micro avec son collègue français aux horaires suivants :
Samedi 18 juin : 15h45 - 16h15 (Le départ) et 23h30 - minuit.
Dimanche 19 juin : 11h45 - 12h15 et 15h45 - 16h15 (La fin)
Cela signifie une veillée jour et nuit pour eux deux, mais qu'en sera-t-il - pensez au café qu'ils boiront et aux cigarettes qu'ils fumeront !

 

 


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